maurin_et_la_spesa

les oeuvres sont en réserve

Le voyage imaginaire décembre 30, 2011

Dans le cadre du “Voyage imaginaire” de l’exposition “Le monde au bout d’un fil”, présentation d’une vidéo de Maurin et La Spesa  “Âne mon cher âne”  Salle du Grand escalier.
Vernissage le vendredi 4 novembre à 18h30

Renseignements : ddp le monde au bout d_’un fil.pdf

Musée du Vieux Nîmes
Place aux Herbes – Nîmes 30
Exposition ouverte jusqu’au 31 décembre 2011
du mardi au dimanche de 10 à 18 h
Musée gratuit
04.66.76.73.70
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Duo janvier 10, 2010


« DUO : allumer le feu », vidéo animation sonore
Présentée dans le cadre de l’exposition « D’où viens-tu Johnny ? » 2007


Extrait du texte :

La Spesa// Ces repérages en immersion totale nous font des journées harassantes, tu ne trouves pas ?

Maurin// Un entraînement au voyage s’imposait si nous devons quitter une existence fruste mais familière pour l’intensité d’une exploration sauvage…

La Spesa// Nous adoptons déjà le mode de vie des trappeurs : s’abandonner à la chute vers l’horizon, progresser face à l’impénétrabilité des concepts rencontrés, assumer les contraintes de la précarité, préparer un feu de camp digne de ce nom …

Maurin// Ce feu est la base de l’expédition, la halte marque une pause, une réflexion sur le parcours, je serai le gardien du feu ! Un symbole primitif pour une vérité neuve !

La Spesa// Dis-donc, le feu en appelle aussi à la cuisson des aliments, n’avons-nous pas quelques saucisses à griller à portée de main ?

Maurin// Nous aurons à nous mouvoir dans l’immensité, combattre pour nous frayer un chemin dans les virulences de la végétation, apprendre à gérer les conséquences de la tombée brutale de la nuit, à effacer nos traces, à nous défendre contre l’âpreté du milieu, contre les mauvaises rencontres de ces terrae incognitae… Tu n’enlèverais pas ce son d’harmonica par hasard, il finit par me glacer le sang…

La Spesa// D’accord pour la piste son, je la vire… mais puisque tu sembles décidé à revenir habiter l’instant et t’y soumettre, pourrais-tu me répondre à propos des saucisses ?

Maurin// Une intuition habite l’artiste : deviens ce que tu es, hors des sentiers battus… C’est vrai que j’ai faim à présent : reprenons des forces pour réaliser le programme ambitieux que nous nous sommes fixé !

La Spesa// Aurons-nous la force de fendre la nuit comme une peau de bête ? L’énergie d’aller chercher fortune par delà notre paysage ? L’audace de nous frotter à l’espace belligérant mais ô combien intense et stimulant des vastes plaines internationales ?

Maurin// N’en doutons pas, ma chère, et préparons-nous à bouleverser les anciennes habitudes de considérer le monde et l’art…

La Spesa// Cher aventurier, mon créateur d’espace élargi, viendras-tu partager une extase éminemment matérielle, et dîner avec moi ?

Maurin// Nous trouverons la vraie nourriture, celle qui ne laisse pas affamé, nous devinerons le mot de passe pour libérer nos facultés latentes et nos forces encore invisibles…

La Spesa// Exposons-nous sans réserve à cette aléatoire entreprise née de la nécessité intérieure d’une vie nouvelle…

Maurin// Ne soyons plus captifs de nos brumes et des mirages inévitablement décevants, soyons fermes dans cette résolution, et nous vivrons des moments d’envergure planétaire en disposant d’un champ de vision global en phase avec le local.

 

D’où viens-tu Johnny?

Vue de l’exposition D’où viens-tu Johnny ? organisé par Artelinea à la galerie ESCA sept-oct 2007
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Ane, cher âne, ne vois-tu rien venir ? Vidéo sonore


Duo : allumer le feu (vidéo animation sonore)

D’où viens-tu Johnny ?

Le Johnny’sWetLog Signature

Article de Céline Mélissent

 

D’où viens-tu Johnny ? janvier 9, 2010

Maurin et La Spesa mai 2008 // Johnny’s Wetlog: Signature

Un point l’inquiétait pourtant : Maurin & La Spesa étaient-ils conscients que leurs objectifs une fois décrits dans le scénario de départ plutôt utopique faut-il le préciser : organiser avec une petite association peu connue et sans trop de moyens une exposition d’œuvres prestigieuses détenues par des collections publiques ou des galeries parisiennes huppées et ce dans un délai assez court…, ils allaient devoir user de toute leur inventivité pour se sortir de cette situation qu’ils avaient eux-mêmes créée pour être en mesure de proposer de toute façon une exposition en septembre 2007 à la galerie ESCA de Milhaud -c’est-à-dire quelques mois plus tard !?

“La colonne de droite” disaient-ils “ sera un flux irriguant de bas en haut, le dernier article se positionnera ainsi au-dessus des autres, les immergeant dans le marécage des choses anciennes.” Ils utilisaient des images à résonance de Wetland, ce qui laissait deviner qu’ils passaient à ce moment-là leurs journées à arpenter le territoire d’accueil. “ L’accent sera mis sur le processus de création du projet artistique, le public sera témoin semaine après semaine des aléas de sa réalisation même… Nous l’adapterons aux circonstances !” ajoutèrent-ils, ravis de se voir attirés par les tourments de l’imprévisible pour un nouveau cycle de péripéties.

Petit à petit, le drame prenait corps. C’est préférable. Car rien ne déflore une histoire autant que de la raconter tout d’un trait. La bonne histoire consiste en choses à moitié dites… (Tortilla Flat-John Steinbeck)

Par la suite, Elisabeth K. put découvrir comment, par bribes, les 2 artistes rendaient compte de leur(s) exploration(s) : quasi touristique d’abord, le paysage, les noms des lieux, les sons, la gent animale…, et comment ils résistaient à la nostalgie des origines et de l’enfance, puis les échanges avec les institutions culturelles et les professionnels de l’art, censés participer au projet par le prêt des oeuvres et comment ils résistaient ici à tout ressentiment à la réception des réponses négatives ou à l’indifférence des interlocuteurs potentiels.
Il devint bientôt évident que M&LS préféraient jouer à immerger dans un canal de pays le bidon de “Laughing gas” trouvé sur le site de la galerie Loevenbruck à la page Werner Reiterer, histoire d’enclencher un processus de contamination du réel pour enivrer volatiles et ragondins, ou exprimer un irrépressible désir de fuite en détourant les draps noués par Cattelan la veille du vernissage de son exposition au château de Rivera et en les accrochant sur la tour Carbonnière d’Aigues-Mortes, ou encore piquer une critique élogieuse écrite pour Véronique Boudier par Arnaud Labelle-Rojoux dans l’Art Parodic’ et se l’approprier momentanément… Le tout bidouillé bien entendu at home, sur leurs fidèles ordinateurs, accompagnés par des airs de country-cow-boy éternels et libres de droit.
Mais les véritables questions posées resteront entre autres : “L’admiration grandit-elle celui qui admire ?”, “Quoi faire d’une bétaillère pleine de taureaux, si ce n’est une boite à meuh ?”, “C’est quoi être deux ?”, “Pourquoi le bâtisseur de ponts est-il proche du grimpeur de haute montagne ?”, “quel est le dénominateur commun de tous les fans ?” et enfin “de quoi est-il capable, l’homme sans cheval ?”
Elisabeth K. posa un regard apaisé sur son acolyte au travail, et s’accorda un certain sourire.

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D’où viens-tu Johnny ? // En ligne le Johnny’s WetLog//Printemps-Eté 2007 //Avec la complicité de panoplie.org

JohnnyWetLog (capture d’écran)

D’OÙ VIENS-TU JOHNNY ?   Maurin et la Spesa //galerie ESCA / Milhaud – ETE 2007