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les oeuvres sont en réserve

La dernière marche mai 22, 2010


PROJET : Dead Man Walking  (La dernière marche)

Si ce projet peut faire référence aux figurations médiévales de la vanité c’est qu’on se trouve ici en affinité avec l’irrévérence et la forme comique conjuratoire …

« La verticalisation du corps vivant et son retour à l’horizontale sont donc bien une affaire où le regard de l’autre joue un rôle essentiel, car ce sont les autres qui, dans le noir sans conscience où nous serons « un jour », se chargeront d’allonger notre corps sous la terre et de nous faire disparaitre à leurs yeux. C’est sur cette différence radicale (la différence symbolique) que repose la confiance entre les êtres et le lien de l’humanité avec elle-même. » (Emmanuel Latreille – Alain Benoit-Recherche d’une statuaire-Catalogue : Tenir gros-Alain Benoit- 2008)


« Le propre de la Vanité était de constituer une méditation de caractère religieux sur la nature humaine : la Vanité contemporaine ne constitue-t-elle pas la plus juste expression d’un monde qui n’en revient pas d’être sans Dieu, un monde purement humain, livré aux forces du comique et de la dérision ? » (Catherine Grenier-La revanche des émotions-Seuil-2008)

L’installation Dead Man Walking est composée des sculptures statuaires, autoportraits plutôt réalistes de M&LS, d’un corbillard hippomobile, de deux cercueils capitonnés ouverts et de deux corbeaux naturalisés.

C’est une projection – auto représentation fictive du couple – d’un moment post-mortem, qui se joue de la dualité vie/mort, et qui transgresse les interdits et les tabous de la figuration des morts. Leurs visages seront moulés sur le réel, mais leurs colorations seront (sobrement) cadavériques.

Maurin et La Spesa exprime sur le ton de l’humour noir, une certaine « fatigue d’exister » dans le travail et l’effort qui caractérise leur pratique artistique et leur engagement pour l’art en général, symbolisée par la panne de leur propre corbillard et l’effort ultime qu’il ont encore à produire pour le pousser jusqu’au cimetière… et assumer leur propre mise au tombeau.

En ce qui concerne la passivité où l’on est (paraît-il) quand on est mort, apparemment ici la mort de M&LS n’aura été qu’une simple panne de conscience, (la participation des autres à leur disparition est signalée par les habits conventionnels tout à fait inhabituels chez eux  dont ils sont vêtus) et puis les « choses à faire » ont ressurgi, plus le temps de penser alors à se laisser aller à l’horizontale… Il faut agir : Papa tire et maman pousse ! (chanson « papa pique et maman coud »)

La vétusté du « petit véhicule » outre sa référence légère au bouddhisme occidental et sa plasticité manifeste, fait référence à l’archaïsme des images de la mort encore en vogue aujourd’hui, et aux notions de retour à l’essentiel (fabrication de la « caisse en bois », décoration minimale et pourtant soignée, efficace : les peintures noires avec un filet d’argent, les festons, le capitonnage, les textiles, etc.) qui font penser à la manière populaire d’accompagner ses morts, manière qui a perduré dans les villages, avec un rapport au rural (le cheval) et à la familiarité avec ses choses (perdues dans l’aménagement moderne des morts en hôpital, les morgues, les emballements en sacs plastiques, etc.) dans un monde plus en phase avec la réalité des relations et des corps, et du coup plus près des évènements de nos vies.

Pour Maurin et La Spesa, particulièrement, cet aspect du « fait-main » et « fait humain » est partie intégrante de leur propos, car ils pensent (et le prouvent) que toute évolution, tout travail artistique recherchant des nouvelles images, demandent de s’y atteler entièrement et de toute son énergie…

Ce projet est à ce titre deleuzien dans le sens où « trop de gens veulent être bordés » : un appel à la conscience élargie, à la volonté d’agir en travaillant vers cet objectif, à la production d’imaginaire et de désirs de l’être pour lui-même (pour se transformer lui-même) : Borde-toi donc toi-même ! Pourquoi pas « Enterre-toi donc toi-même ! »

«  Comme on fait son lit on se couche, personne ne viendra vous border, trop de gens veulent être bordés (…) Il faut faire (passer) son chemin – voir encore le désir qui construit l’espace d’une réalisation possible… » Gilles Deleuze dans « Dialogues »

Sisyphe, prolétaire des dieux, impuissant et révolté, connaît toute l’étendue de sa misérable condition. « La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d’homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux. Toute la joie silencieuse de Sisyphe est là. Son destin lui appartient. Son rocher est sa chose. » (« le mythe de Sisyphe » – Albert Camus)

Outre le geste d’une production esthétique bravache et quasiment burlesque, ce projet est une expression métaphorique des angoisses et du désespoir des artistes : à la fois cette fatigue occasionnée par le poids du travail quotidien et les progrès toujours trop lents à leur goût sur leur nature humaine et ses atavismes (comme il est ardu de changer quelque chose à sa propre nature, quand va-t-on pouvoir se reposer, etc. ?), et la mise en scène, comique et grotesque (l’endroit de la vanité) où sont représentés la non-résolution des aspects religieux ou athées de la vie après la mort…

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D’où viens-tu Johnny? janvier 10, 2010

Vue de l’exposition D’où viens-tu Johnny ? organisé par Artelinea à la galerie ESCA sept-oct 2007
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Ane, cher âne, ne vois-tu rien venir ? Vidéo sonore


Duo : allumer le feu (vidéo animation sonore)

D’où viens-tu Johnny ?

Le Johnny’sWetLog Signature

Article de Céline Mélissent

 

Drelin drelin s’agitent les grelots janvier 7, 2010

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TITLE  Drelin drelin s’agitent les grelots

YEAR 2006 juin

MEDIUM                    Installation vidéo – sculpture

SHORT DESCRIPTION

Sculpture h 235 x 180 x 100 cm : Résine polyester armé sur polystyrène

Autoportraits en faïence – Peinture et vernis sur sculpture, figurines et socle.
Socle bois intégrant système moteur pour rotation 1 t/mn

Projection vidéo rotative inversée sur les murs de la galerie
Système rotatif avec moteur et alimentation 1 à 8 tours/mn
Son :  original

LIEN

Du champ des cirques, Hortense !galerie ESCA / Milhaud –- Gard

EN SAVOIR PLUS

Production réalisée avec l’aide du FRAC  et de la Région Languedoc Roussillon (Bourse individuelle 2006), du Conseil Général du Gard et de la galerie ESCA-Milhaud-Gard

+ Texte de Emmanuel Latreille, tiré de l’édition spéciale  Chauffe Marcel ! de la revue Offshore  – Juin 2006

Edition du catalogue Chauffe, Marcel !
Chauffe Marcel ! FRAC LR http://www.fraclr.org/

 

MNLS ON-OFF

TITLE      MNLS/ON/OFF

YEAR                      2005

MEDIUM               Installation

SHORT DESCRIPTION

Un chenillard programmé allume et éteint les 2 lampes de façon aléatoire

2 lampes de chevet sur un socle contreplaqué blanc sur mesure.

Dim. : 80 x 55 x 25 cm

LIEN

MNS THE GAME – Galerie d’O – Montpellier
Domaine départemental du Château d’O – Mai 2005


 

Live in South of France

 

TITLE   Live in South of France

 

YEAR    2004  janv

MEDIUM Sculpture

SHORT DESCRIPTION

Sculpture textile (tissu provençal) sur armature  –  0.70 x 0.42 x .25 m

 

LIEN

Cachez ce quotidien que je ne saurais voir …

Galerie du FRAC LR – 2004

 

Tentation de saint Antoine décembre 31, 2009

Une vue de l’exposition, avec Les 3T, Welcome (le chat noir) et L’expérence de la durée au premier plan.

Extrait de la conférence « L’art, la vie, la mort » du 22 décembre 2009 au Living Room, Montpellier.

(…)

Mais toutes ces choses si présentes et si gardées, ces drôles de cérémonie, ces incroyables croyances, ces usages figés une fois pour toutes, tout cela n’est-il pas la mort ? un couvercle sur notre marmite, une épaisse couche à déprimer, une manière à la Sénèque de s’habituer à la mort pour moins souffrir quand il faudra y faire face…

(…)

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Un ensemble de pièces reliées par une réflexion sur la Tentation de saint Antoine, avec documentation sur la peinture religieuse et les écrits illustrant le propos.


L’expérience de la durée
2009 // Table sur pied ferronnerie/Grès noir chamotté/souris de laboratoire naturalisée/goudron noir/ficelle coton// Dim. 0,80 m x 0,80 x 1.20 m

 

Compression

Compression //Autruches naturalisées //Tour et Remparts d’Aigues-Mortes // « Rencontre d’un roi et d’un empereur en Isles sonnantes » // 2008 – Collection des artistes // LA DEGELEE RABELAIS // REGION LANGUEDOC-ROUSSILLON //  ETE 2008

Extrait d’un échange en vue d’un article sur « Vivre en Languedoc-Roussillon »  Printemps 2008

Marie Susplugas :
Vous exposez, par exemple, à Aigues-Mortes. Avez-vous créé votre autruche à 2 têtes en pensant à la rencontre entre François Ier et Charles Quint ou le rapprochement s’est-il fait plus tard ? Me permettez-vous d’imaginer que les 2 têtes représentent les souverains ?

Maurin et La Spesa :
Au risque de vous décevoir, l’autruche est encore un autoportrait de Maurin et La Spesa. Conçue à l’origine en référence à l’autruche de Maurizio Cattelan, celle qui plonge sa tête dans le sol des galeries, elle répond aussi à la question du duo ou du couple :  « … car de fait, lorsque deux personnes travaillent , c’est-à-dire réfléchissent ensemble, il y a nécessairement, à un moment donné, production d’idiotie »  (Réf. : Jean-Yves Jouannais-Beaux-Arts Magazine- De l’idiotie aux burlesques contemporains).  Peut-être que le couple en soi serait une forme idiote vécue comme entité bicéphale ?

D’autre part, Emmanuel Latreille nous a bien aidé en nous parlant curieusement du silence chez Rabelais : « …Mais il faut aussi ne pas omettre de « bloquer », de fermer les vannes, et faire voir seulement. C’est peut-être là que le projet d’exposition Rabelais est nécessaire :  il obligerait à faire silence, avant de redébloquer l’énergie contenue… » nous a-t-il révélé !

Bref, nous sommes heureux du rapprochement que vous faîtes avec la rencontre des souverains à Aigues-Mortes, même si tu situions plutôt notre animal dans la catégorie des « oiseaux qui ne labourent ni ne cultivent la terre et dont toute l’occupation est de s’esbaudit, gazouiller et chanter », extrait du texte chap 6 du Livre Cinquième, cité pour l’exposition « Rencontre d’un roi et d’un empereur en île sonnante » à Aigues-Mortes.

Un texte écrit par Jean-Marc Demay en cette occasion, laissez-vous tenter : « Quand le diable se mord la queue, l’autruche se tord les cous. »